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Le projet STAR-EST s’étend et vise près de 70 000 emplois

Le projet STAR-EST s’étend et vise près de 70 000 emplois

Le projet STAR-EST (Stabilisation et Relèvement de l’Est de la RDC) élargit considérablement son champ d’action. Financé à hauteur de 250 millions USD par la Banque mondiale, le programme intègre désormais Kinshasa et la province du Kwango, en plus des trois provinces historiques de l’Est (Nord-Kivu, Sud-Kivu, Ituri). Objectif affiché : générer près de 70 000 emplois directs dans la capitale et réhabiliter 270 km de routes. La coordonnatrice générale, Brigitte Kapinga Sauda, en a détaillé les contours lors d’une rencontre tenue en septembre 2025.

Le projet STAR-EST étend son périmètre : Kinshasa et Kwango rejoignent le dispositif

Initialement concentré sur les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, le projet STAR-EST connaît une étendue géographique élargie. Face à la détérioration de la situation sécuritaire dans l'Est, la première ministre a recommandé une restructuration profonde. Résultat : la ville-province de Kinshasa et la province du Kwango sont désormais intégrées au programme, avec des enveloppes financières dédiées.

Cette extension représente une opportunité considérable pour le marché du travail local. À Kinshasa, 120 millions USD sont alloués à la création d’emplois et à la réhabilitation d’infrastructures urbaines. Le projet cible explicitement les jeunes désœuvrés et les « Kuluna » (bandits urbains) pour des travaux d’assainissement et de voirie. Une main-d’œuvre locale enfin reconnue comme un levier de transformation sociale.

Répartition du budget STAR-EST (en millions USD)

Un financement de 250 millions USD pour la stabilisation et le développement

La Banque mondiale soutient le programme à hauteur de 250 millions USD sur cinq ans. Au-delà de l’aide d’urgence, cet investissement vise à créer les conditions d’une croissance durable. Le projet poursuit trois objectifs majeurs : améliorer l’accès aux infrastructures socio-économiques de base, favoriser la réintégration des ex-combattants et des communautés vulnérables, et renforcer les capacités des administrations provinciales.

Pour la seule ville de Kinshasa, le projet cible 20 000 bénéficiaires directs et 50 000 bénéficiaires ménagers. Les communes retenues sont :

  • 🔧 Bumbu
  • 🔧 Makala
  • 🔧 Limete
  • 🔧 Kisenso
  • 🔧 Ngaba
  • 🔧 Ngiri-Ngiri
  • 🔧 Kalamu

Ces quartiers, souvent touchés par les inondations liées au bouchage des caniveaux, bénéficieront d’un programme de désengorgement et de réfection des voiries. Un jeune de Bumbu, comme beaucoup d’autres habitants, attend de ces chantiers une première expérience professionnelle et un revenu stable.

70 000 emplois directs à Kinshasa : les chantiers concrets du projet STAR-EST

La coordonnatrice générale a annoncé un financement de 120 millions USD pour la capitale. Ce budget doit permettre la création de 70 000 emplois directs et la réhabilitation de 60 km de routes. Concrètement, les travaux confiés aux jeunes des sept communes ciblées consisteront à déboucher les caniveaux, mais aussi à servir de main-d’œuvre pour la réhabilitation des routes évoquées. Un second vivier d’emplois émergera grâce aux activités génératrices de revenus.

Ce volet urbain illustre l’emploi local au service de la résilience. En impliquant directement les habitants, le projet STAR-EST évite les effets d’aubaine et favorise une appropriation durable des infrastructures. Les retombées économiques dépassent le simple cadre de l’emploi : une meilleure voirie stimule le commerce, l’accès aux soins et à l’éducation, autant de leviers pour une croissance inclusive dans une capitale qui concentre une part majeure de l’activité nationale.

Kinshasa : 60 km de routes et sept communes pour transformer la mobilité urbaine

Le choix des communes de Bumbu, Makala, Limete, Kisenso, Ngaba, Ngiri-Ngiri et Kalamu répond à une logique de densité et de besoins criants en infrastructures. Le projet prévoit la réhabilitation de 60 kilomètres de routes urbaines, un chantier qui devrait désenclaver des quartiers entiers et réduire considérablement les temps de trajet. Les problèmes d’inondations, récurrents dans ces zones, seront traités à la source grâce au curage systématique des caniveaux.

Cette transformation urbaine ne se limite pas au bitume. Elle offre une perspective concrète aux 25 000 Kuluna identifiés comme bénéficiaires potentiels. Les associer à des travaux d’intérêt général constitue une forme de réinsertion sociale par le travail, une approche novatrice pour sortir de la spirale de la violence urbaine.

Le Kwango : 200 km de routes de desserte agricole pour relancer l’économie rurale

Dans la province du Kwango, le projet sera exécuté à Kenge, dans le territoire de Kasongo-Lunda et à Popokabaka. L’objectif : réhabiliter 200 kilomètres de routes de desserte agricole pour désenclaver les zones de production et faciliter l’acheminement des récoltes vers les marchés. Cette infrastructure est vitale pour des milliers de familles qui vivent de l’agriculture.

Ce volet prévoit également des retombées sociales mesurables :

  • 🌾 15 000 bénéficiaires directs parmi les ménagères et les jeunes filles en difficulté
  • 🌾 10 000 femmes survivantes de violences basées sur le genre
  • 🌾 5 000 personnes issues des communautés environnantes

Ces chiffres révèlent une approche intégrée, où le développement des infrastructures va de pair avec l’opportunité donnée aux populations vulnérables de se reconstruire. Les routes agricoles ne sont pas seulement des voies de circulation : ce sont des liens économiques et sociaux qui revitalisent tout un territoire.

Les défis de la mise en œuvre dans l’Est : un bilan à 30% après deux ans

Après deux années de mise en œuvre dans l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, le projet affiche un bilan de 30% de réalisations. La détérioration de la situation sécuritaire explique en grande partie ce retard. Sur les 1 125 kilomètres de routes de desserte agricole prévus, 163 kilomètres sont en cours de réhabilitation et les études pour 144 kilomètres supplémentaires sont finalisées. Les écoles et centres de santé ne sont pas en reste : 35 infrastructures sont en construction, avec une réception technique déjà engagée, et 78 autres ouvrages sont en phase de passation de marché.

La coordonnatrice a également évoqué les difficultés de collaboration avec certaines autorités provinciales, notamment les gouverneurs. Ces lenteurs administratives freinent la planification des activités et retardent l’utilisation effective du financement de la Banque mondiale au service du développement. Un point crucial pour l’avenir du programme, qui doit composer avec des réalités politiques complexes.

Surmonter les obstacles pour garantir la réussite du programme

Malgré ces obstacles, le projet STAR-EST conserve une pertinence stratégique indéniable. La restructuration annoncée témoigne d’une capacité d’adaptation face aux aléas sécuritaires. L’intégration de Kinshasa et du Kwango répond à la nécessité d’élargir l’impact et de sécuriser des zones vulnérables, tout en offrant des perspectives d’emploi dans des régions jusque-là en marge des grands programmes de stabilisation.

La question sécuritaire demeure le principal défi. Les avancées dans l’Est dépendront de la capacité des autorités à stabiliser durablement ces territoires. Le projet, lui, jette les bases d’un développement à long terme, en misant sur l’emploi et les infrastructures comme moteurs de paix.

Le projet STAR-EST en bref : ce qu’il faut retenir

  • 💰 250 millions USD de financement de la Banque mondiale
  • 🏗️ 70 000 emplois directs attendus à Kinshasa
  • 🛣️ 270 km de routes à réhabiliter au total (60 à Kinshasa, 200 au Kwango)
  • 🏥 35 écoles et centres de santé en construction dans l’Est
  • 🌍 Extension à Kinshasa et au Kwango en plus des trois provinces historiques

Le projet STAR-EST illustre une approche novatrice de la stabilisation par le développement. En misant sur l’investissement local et la création massive d’emplois, le programme répond à la fois aux urgences humanitaires et aux besoins structurels. Les prochains mois seront décisifs pour transformer ces engagements en réalisations tangibles sur le terrain.

Ce que vous ignorez encore sur STAR-EST

Ce projet concerne-t-il aussi les gens de Brazzaville ?

Non, STAR-EST se déroule en RDC, principalement à Kinshasa et au Kwango. Si vous habitez à Brazzaville, il faudra passer le fleuve pour postuler.

Comment on fait pour postuler aux chantiers de curage des caniveaux ?

Les recrutements passent par les mairies des sept communes concernées et par des annonces locales. Surveillez les affichages publics et les radios communautaires, pas de site internet officiel annoncé pour l'instant.

Est-ce que ces emplois sont durables ou juste pour quelques mois ?

Le projet doit durer cinq ans, mais les contrats de travail sur les chantiers sont souvent limités à la durée des travaux. Certaines activités génératrices de revenus peuvent durer plus longtemps.

Quelles communes vont réellement bénéficier des travaux ?

Les sept communes retenues sont Bumbu, Makala, Limete, Kisenso, Ngaba, Ngiri-Ngiri et Kalamu. Elles ont été choisies pour leur densité et les inondations fréquentes.

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