RDC : Journée Internationale de l’Enfant Africain célébrée. Le Lieutenant-Colonel Nenette Mukembe explique le sens. Interview exclusive LGC

1976 fut une journée particulière qui marque le massacre des enfants à Soweto en Afrique du Sud indique le lieutenant Colonel Nénette Mukembe qui profite de cette journée pour partager son expérience avec le site legrandcongo.

Brève présentation de notre invité Nénette Mukembe Lieutenant-Colonel, formatrice des formateurs, :

Nénette Mukembe est Lieutenant-Colonel, mécanisée au Ministère de la Défense Nationale, Anciens Combattants et Réinsertions, des Forces Armées de la République Démocratique du Congo. Ressortissante de l’École Supérieure d’Administration Militaire ESAM) avec un diplôme d’Administration Militaire, édition 2018,
-Avec un diplôme de Master en Management général des administrations, (the Management institute for international sécurité, septembre 2018)
– Brevet du Technicien d’État-Major des Forces Armées État-major Général, groupement des écoles supérieures militaires, École d’État Major de Kinshasa, juin 2012,
– Attestation de formation en élaboration des projets au profit des officiers des FARDC (EUSEC-SECAS, mars 2013),
– Diplôme d’élite, United States Défense Institute of international légal Studies, USA, Août 2011,
– Certificate (English for the Military), British Concil, Ministry of défense,
– Certificat de participation, formation sur les droits humains et le leadership féminin (PNUD Ministère de la justice, Août 2012)
– Diplôme d’excellence Mwasi ya Bwania, Mars 2017,

Et elle s’occupe du commandement des Personnels Militaires Féminins PMF,
Plusieurs autres formations, et des voyages atravers le monde à son actif.

Interview exclusive LGC :

Introduction du Lieutenant-Colonel Nénette Mukembe NM :

Ce jour-là, selon Nenette Mukembe, à 8 heures du matin, comme prévu trois jours plutôt, des milliers d’élèves de Soweto (grande banlieue au sud de Johannesburg), se rassemblent devant l’école Morris Isaacson pour des manifestations populaires atravers les artères de la capitale.

LGC : Pour quelle raison ces élèves devraient revendiquer leurs droits à travers les artères ?

Lt Colonel NM : Ces adolescents précise-t-elle, manifestent contre la décision du gouvernement d’imposer l’Afrikaans (la langue des Boers qui ont instauré l’apartheid) pour l’enseignement de certaines matières (la géographie, les mathématiques, l’histoire).

LGC : Pourquoi la police a réprimée les manifestants, et pourtant, des enfants sans arme ?

Lt Colonel NM : En effet, devant l’école Morris Isaacson, la foule des milliers d’enfants manifestants enfle et la pression monte voilà qui exige la police a changé des stratégies. Entre-temps, ces enfants en colère comptent même marcher dans tout Soweto, et là, la police n’est pas disposée à les laisser faire. Ainsi, la police donne aux manifestants l’ordre de se disperser. Malgré tout, les adolescents restent déterminer à défier les forces de l’ordre.

LGC : Mais la force n’était pas proportionnelle ?

Lt Colonel NM : D’abird, il y a eu refus d’optemperer aux ordres donnés . Dans un premier temps, les policiers lâchent les chiens sur la foule. Ensuite, pour amplifier la panique, ils lancent des grenades lacrymogènes, avant de tirer à balles réelles. Nous déplorons la tuerie, et nous estimons qu’il fallait plus utiliser des méthodes proportionnelles pour éviter le pire. Première victime : Hector Pieterson (un garçon de treize ans) atteint dans le dos.

LGC : Comment la population s’est-elle associée à cette manifestation ?

Lt Colonel NM : Tout est lancé lorsque un photographe immortalise le moment où Pieterson, agonisant, était porté dans les bras par son camarade, le visage ravagé par la douleur. Cette photo fera le tour du monde et mettra le feu à Soweto. C’est alors que les élèves furent rejoints par d’autres habitants de Soweto qui se transforma, en un clin d’œil, en un véritable champ de bataille.

LGC : Madame le Lieutenant Colonel Nénette Mukembe, en tant que chercheur et scientifique militaire, avez vous un bilan de ce massacre historique ?

Lt Colonel NM : Une bonne question Monsieur le journaliste, en effet, l’émeute gagna l’ensemble du pays en quelques jours et le 21 juin on annonça, officiellement, 575 morts, dont deux Blancs et plus de 1000 personnes blessées; un chiffre, de toute évidence, en deçà de la réalité. Face à l’ampleur du drame, le régime sud-africain fut contraint de retirer la circulaire sur l’afrikaans.

LGC : D’où provient alors le film SARAFINA qui fait le tour du monde?

Lt Colonel NM : il faut révéler qu’en 1992, le réalisateur Sud-Africain Darrell Roodt s’était inspiré de ces évènements pour produire le film “Sarafina” en vue d’immortaliser les événements de 1976.

LGC : Pourquoi aujourd’hui cette du 16 juin est consacrée pour les enfants d’Afrique ?

Lt Colonel NM : Vraiment, précisions que depuis 1994, la date du 16 juin est devenue un jour férié en Afrique du Sud et elle est célébrée partout en Afrique en tant que Journée de l’Enfant Africain, à l’initiative de l’Organisation de l’Unité Africaine (aujourd’hui l’Union Africaine).

LGC : Et au Congo, pourquoi nous nous impliquons chaque année pour célébrer cette journée du 16 juin?

Lt Colonel NM : Nous célébrons cette journée en tant qu’africain et aussi par solidarité avec les victimes de cette manifestation pacifique. La RDC, en tant que membre de l’Union Africaine profite de cet instant pour rappeler aux gouvernants leurs devoirs en faveur de l’Enfant. Une occasion de plaider la cause de l’enfant en situation particulièrement difficile, les enfants en conflits avec la loi, les enfants dans la rue et sur la rue, les enfants victimes de violence, les enfants privés de l’éducation, l’amélioration du budget alloué à l’éducation… Je félicite Madame la ministre du genre, famille et enfant qui ne cesse de travailler pour l’amélioration des conditions de vie des enfants, tous sans discrimination ni distinction.

Thierry Kasongo
Rédaction
+243990210011

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