RDC : Guerres d’usure et activisme des groupes armés dans l’Est. Freddy Mulumba invite les forces loyalistes à stopper le plan de la Balkanisation.

C’est la salle mythique de la paroisse Notre Dame de Fatima dans la commune de la Gombe où s’est tenue la conférence-débat placé sous le thème “Guerre d’usure et activisme des groupes armés dans l’Est de la RDC”. Pendant plus de 10 ans, le politologue, DGA de la Radio Télévision Nationale Congolaise et DG du magazine la Renaissance Africaine Freddy Mulumba ne cesse de réveiller l’élite congolaise sur des sujets forts liés à la balkanisation, la souveraineté et l’indépendance de la République Démocratique du Congo.

Devant une assistance intellectuelle, les orateurs du jour à savoir Freddy Mulumba, le professeur Dr Sadiki Byombuka et l’homme scientifique Nikson Kambale n’ont pas manqué de souligner la nécessité d’une réforme efficace pour la refondation de l’Armée Nationale, dans le seul but de protéger l’intégrité du territoire national aujourd’hui menacée par des forces négatives qui bénéficient des grandes puissances et la complicité du Rwanda, du Burundi, de l’Ouganda et de certains dignitaires du pays.
Introduit par le modérateur Adam Shemisi,
l’orateur principal Freddy Mulumba Kabwayi recadre d’abord le sujet et parle comme l’un de ses lecteurs basé aux États-Unis de la guerre de la balkanisation et non de l’usure.

S’inspirant des deux livres de Bertrand Badie, spécialiste français en relations internationales, il indique avec insistance que la guerre de la Balkanisation et l’activisme des groupes armés dans l’Est de la RDC ne sont que les conséquences des mutations géopolitiques. Sur ce, il révèle deux objectifs poursuivis par les groupes armés entre autres, la balkanisation du pays et les pillages des ressources naturelles par les puissances occidentales avec leurs multinationales. Pour y parvenir, Freddy Mulumba estime que le Rwanda et l’Ouganda sont mis à contribution.

De la guerre de l’AFDL (1996-1997) montée à Arkasans par le président américain Bill Clinton avec des miniers, en passant par la deuxième guerre déclanchée le 2 août 1998 lorsque Laurent Désiré Kabila voulait prendre son autonomie face au Rwandais et Ougandais. Ici on note la présence d’autres pays amis, appuyés par la SADC, le Zimbabwe, Angola et Namibie, qui s’interposent pour sauver le président congolais. Et après la mort de Mzée, Freddy Mulumba signale la troisième et quatrième guerre qui concernent le CNDP en 2004 avec Laurent Nkunda Batware, et le M23 en 2012, il a fallu que le secrétaire d’État Américain John Kerry et William Haig ministre des affaires étrangères de la Grande Bretagne pour intimer l’ordre au président Kagame de retirer ses troupes du territoire congolais. C’est dans ces circonstances que les FARDC ont mis en déroute les rebelles.

De toutes ces guerres, il se dégage deux constats : les négociations sont en défaveurs de l’État Congolais au profit des rebelles et à chaque négociations, les rebelles intègrent l’armée nationale ajoute-t-il dit. Tout ceci avec la complicité de la soit disant la communauté internationale.

Par conséquent, sur base de son analyse, le groupe d’experts de l’ONU dans son rapport publié en 2002, estime que la présence du Rwanda dans la République Démocratique du Congo a pour but d’accroître le nombre des Rwandais qui se trouvent dans l’Est du pays, et d’encourager ceux qui y sont déjà installés à conjuguer leurs efforts pour aider le Rwanda à exercer son contrôle économique a fait savoir l’ADG de la RTNC qui s’appuye sur la communication de l’archevêque de Béni Butembo qui révèle que les groupes armés qui sont dans la province chassent les populations congolaises de leur terres et installent les Rwandais.

Rappelant le message de la CENCO, “libérez mon peuple” un message profond qui attire la sonnette d’alarme sur le plan de déstabilisation et de balkanisation de la RDC, Freddy Mulumba souligne que ce plan est orchestré de l’extérieur avec la complicité de certains compatriotes congolais.

Pour barrer la route aux globalistes et mondialistes en ce moment à Kigali, le Directeur Général du magazine la Renaissance Africaine propose ce qui suit :

1. Opération militaire dans l’Est de la RDC comme c’est déjà avec celle lancées par le président Félix Antoine Tshisekedi. Après attaquer les groupes armés et les rebelles rwandais dans le Nord et Sud Kivu.
2. Le soutien des médias par les informations fiables et mobilisatrices de notre population aux militaires congolais.
3. Faire le recensement de la population pour identifier tous les congolais,
4. Affronter tous les globalistes et mondialistes qui sont à Kigali et Kampala en jouant des accords avec les puissances souverainetés comme l’Amérique de Trump, la Russie de Poutine et la Chine de Xi Jimping.

C’est la seule façon de sauver la RDC du plan de la Balkanisation monté par les globalistes depuis 1995 sous administration Clinton fait remarquer Freddy Mulumba.

Pour sa part, Dr Sadiki Byombuka en sa qualité de professeur, député honoraire a donné un tableau sombre sur la situation actuelle de l’insécurité et des violences armées au Sud et Nord Kivu jusque dans le Tanganyika. Il révèle d’abord, 3 axes géographiques de grande insécurité notamment, axe Kalehe-Bunyakiri-Shabunda, et axe Plaine de la Ruzizi(Uvira) et le long du Lac Tanganyika (Fuzi), et enfin axe Hauts et Moyens Plateaux de Fizi-Uvira-Itombwe (Mwenga) y compris Minembwe. L’ancien président du CRONGD et ancien acteur de la société civile dans le Sud-Kivu révèle par ailleurs, les différents groupes armés les plus actifs qui font la loi dans cet espace à savoir, le Raia Mutomboki, les FDLR Rwandais, les Mai-Mai avec plusieurs factions, les Nyatura-milice ethnique hutue, les FNL Burundais, les RED TABARA Burundais, les FRL Banyamulenges Banyarwanda. Ces groupes contrôlent des espaces géographiques et font payés des taxes comme dans un pays apart. La plus part dira-t-il, sont installés autour des mines. Ils pillent de bétail, ravage des champs, et s’affrontent chaque semaine. Entre-temps, la présence des FARDC permet de stabiliser relativement les zones, mais l’on enregistré chaque jour des morts parmi les paisibles citoyens. Il précise par ailleurs, que dans certaines zones, il y’a l’absence totale de l’armée nationale et de la Police Nationale Congolaise. Et, ce qui gêne la population congolaise, c’est la prédominance des commandants FARDC d’origine Banyamulenge-Banyarwanda. Pour ce professeur, la situation d’insécurité dans cette zone est entretenue par certaines personnalités congolaises mais aussi par des officiers militaires affairistes qui font semblant de trouver des solutions.

Ce qui est aussi grave, il a dénoncé la pratique de debaptisation des noms des villages et montagnes dans certains milieux par les Banyamulenges-Banyarwanda, qui donnent des noms tirés de la langue Kinyarwanda ou non tirés du Rwanda. C’est dans ce cadre qu’il a plaidé pour l’annulation du décret instituant la commune de Minembwe dont ses limites restent floues.

Le Prof Sadiki pense qu’au delà de la rébellion Muleliste en 1964, l’affût des réfugiés Rwanda de 1964 à la suite du génocide au Rwanda avait aggravé l’insécurité dans la province en commençant par les territoires voisins avec le Rwanda (Kalehe, Kabare, Walungu). La guerre de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo de feu Laurent Désiré Kabila avec ses alliés Rwandais et Ougandais en 1996 est venue approfondir et agrandir l’insécurité jusqu’à ses dimensions devenues trop complexes actuellement en 2019.

Cependant, l’action du pouvoir public congolais de 1996 à aujourd’hui n’a pas rétabli la sécurité et la stabilité dans cet espace occupé par des forces négatives.

Nixon Kambale coordonnateur du Centre de la Bonne Gouvernance et acteur au développement se demande qu’est-ce, nous allons légué aux générations futures avec un pays occupé par des groupes armés non autrement identifiés. Comment les autorités du pays se réjouissent-t-elles pour administrer seuls les centres villes et Kinshasa pendant que l’Est du pays est géré par des inconnus qui pillent les minerais et les amènent vers les pays voisins. Comment le Rwanda qui ne produit l’or, le coltan ni le cuivre installe une usine de traitement ?
Voilà qui pousse l’homme scientifique Nixon Kambale a invité les autorités du pays particulièrement Félix Tshisekedi à trouver une solution durable et urgente pour sauver le peuple de ce coin du pays.

La lieutenant Colonel Nénette Mukembe (FARDC) encourage l’initiative de Freddy Mulumba et pense qu’il serait souhaitable d’associer chaque fois les hauts commandements militaires et de la police, pour permettre à chacun de tirer des leçons au regard de la situation sociale et d’insécurité dans cette partie du pays.

Elle promet toutefois de faire Rapport à sa hiérarchie pour que de telles informations scientifiques puissent contribuer aux réflexions dans le débat interne dans l’armée congolaise.

C’est après une série question-réponse que le DGA de la RDC a salué toute fois, les avancées enregistrées dans le secteur sécuritaire depuis l’avènement de Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. Ce dernier vient d’envoyer une équipe des généraux et des militaires armés pour stopper net ce fléau des groupes armés.

Thierry Kasongo
Rédaction
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