RDC-60 ans avant, pendant et après l’indépendance. De la République des Professeurs à la République des juges. l’Abbé Jean-Marie Bomengola

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D’une République à une autre, d’un régime à un autre ou encore d’un style de gouvernance à un autre, la RD Congo voit se succéder des personnalités à sa tête qui la font évoluer en mode circulaire en vue de bâtir un pays plus beau que celui nous léguer à l’indépendance ; ceci étant le rêve des pères de l’indépendance.

En effet, la longue marche de la RD.Congo vers un Etat de droit passe par la république des professeurs, une étape importante où le pays reposait son espoir sur l’expertise des professeurs d’université, un critère de poids pour la nomination des ministres à l’époque de M. Mobutu. Il faut dire qu’à la lecture de la composition des membres du gouvernement, on pouvait être impressionné par le nombre des professeurs nommés dans des ministères.

C’était une fierté pour le pays, car celui-ci pouvait bien compter sur une élite éclairée. C’était le gage de la bonne marche des institutions du pays. Malheureusement la République des professeurs n’a pas été à la hauteur des enjeux. L’expertise scientifique n’a pu contribuer à traduire en acte l’aspiration de la population à une vie meilleure.

D’une gouvernance à une autre, la république traversa des étapes intermédiaires pour arriver à ce que l’on pourrait qualifier aujourd’hui, la république des juges.
Oui, on veut un Etat de droit, il nous faut un Etat de droit et une justice indépendante. L’Etat de droit passe inéluctablement par le renforcement de la justice.

Il faut absolument affermir la justice, car « celle-ci élève une nation ». Cependant si l’on considère le fait que notre justice a été longtemps en dehors des clous, des préalables sont donc nécessaires ; il s’agit entre autres de la réforme, de la valorisation des salaires et des conditions de vie des juges et des magistrats, la conscientisation, etc.
Il est un fait que la justice va au-delà de l’instruction des dossiers litigieux, celle-ci n’est qu’une partie de l’iceberg. Le chemin pour l’instauration d’un Etat de droit se matérialise en évidence à travers la lutte contre la pauvreté et contre la faim, l’accès aux soins médicaux pour tous, l’accès à l’eau et à l’électricité, le droit à un salaire décent, l’amélioration des conditions de vie des populations, l’amélioration de l’environnement, l’éducation pour tous les enfants sans distinction, etc. Il convient de reconnaître que la gratuité de l’enseignement est une mesure salutaire et une réponse à la marche vers l’Etat de droit.

L’Etat de droit devrait s’appuyer sur l’établissement et l’application de la justice à tous les aspects de la vie en société.
La justice signifie l’équilibre. La balance qui est le symbole de la justice nous invite la recherche de l’équilibre. Dès lors l’injustice serait le manque d’équilibre.

Or si l’on voit bien, l’on constate qu’il y a beaucoup d’injustices dans notre pays, en commençant par le barème salarial. Certains sont bien payés et même très bien payés, d’autres sous-payés, d’autres encore mal payés ou tout simplement privés de salaires, etc. Dans ce contexte, la publication des barèmes salariaux de tous les services de l’Etat serait, comme réclamé récemment par les professeurs de l’Unikin, une étape importante dans l’établissement de la justice et donc de l’équilibre, du moins pour ce qui est du salaire dans le secteur public.
Ce sont là quelques aspects de l’Etat de droit qui ne se réduit pas à l’instruction des procès. La justice est une auxiliatrice de la vie. Elle devrait favoriser le vivre ensemble en assurant l’équilibre pour chaque citoyen dans tous les secteurs vitaux de la vie.

LGC RÉDACTION
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