Hauts plateaux d’Itombwe. Escalade des conflits interethniques dans le secteur d’Itombwe. La MONUSCO s’implique.

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Depuis le Vendredi 10 Mai 2019, une nouvelle vague des conflits fait son bastion dans le secteur d’Itombwe, en territoire de Mwenga dans la province du Sud-Kivu.

Selon des sources locales, cette situation fait suite à la crise de la semaine passée, ayant occasionné des pertes en vie humaines et l’incendie de plusieurs villages Banyamulenge, Bafuleru et Banyindu dans le groupement Balala Nord, secteur de Tanganyika dans le territoire de Fizi, suite à la mort du chef KAWAZA NYAKWANA de la communauté Banyindu; après être tabassé par les jeunes en armes à feu, de la communauté Banyamulenge quelques heures plus tard quand ils lui ont laissé dans un état critique.
Du Vendredi 10 au Samedi 11 mai 2019, les villages de Kipupu, alùlù, alénga, lwemba, Bukunji, Tùwétùwe, appartenant au Babembe en majorité ont été incendiés par les jeunes en armes de la communauté Banyamulenge, rapportés être des Ngumino et le village Tulambo, Lwemba, etc. ont été incendiés par des jeunes en armes des la communauté Bafuleru, Babembe et Banyindu, rapportés être des Mai-Mai. Jusque ce matin des combats se poursuivent et des coups des balles se font entendre de plusieurs cotés d’Itombwe savane. Toute la population en provenance de ces villages se dirige vers la forêt, dans la réserve Naturel d’ Itombwe, où ils n’ont et n’espère aucune assistance en vivre ou en kits NFI et les autres étaient venus s’installer dans le centre de Mikenge, à coté du camps des FARDC.

Depuis hier 10 Mai à 22 heures, c’était le tour du centre de Mikenge, un village abritant la population de toutes les communautés (Babembe, Banyamulenge, Banyindu et Bafuliru) et où se trouve la base de FARDC dans la région. Selon les mêmes sources, toutes les maisons de Mikenge sont déjà brulées.

La population de toutes les communautés qui habitent le centre de Mikenge et celle en provenance des villages voisins qui trouvaient dans ce village un refuge suite à la présence des éléments FARDC ont été obligées de fuir ensemble, en prenant la direction de Minembwe et les autres vers Mutambala, bien que du coté de point zéro (Entre Mikenge et Mutambala), il se faisait entendre des tirs des balles à feu en cours de route hier vers 16h.

Le conflit continue à faire des dégâts alors qu’il n’y a pas une semaine, les vieux sages de l’ethnie Babembe, Banyamulenge, Bafuliru et Banyindu ont tenu des réunions de réconciliation et ont formé des délégations pour aller rencontrer les belligérants. Les banyamulenges sont allés rencontrer les jeunes regroupés au tour du groupe armé dite NGUMINO et les Nyindu, bafuliru et Babembe sont allés voir leurs fils regroupés au tour du groupe armé dite Mai-mai. Des résultats satisfaisant ont été notés lors de la séance de restitution du travail des délégations à Mikenge. Les mêmes rencontres ont été organisées à Bukavu, une déclaration a été signée par les ressortissants des toutes les communautés du secteur d’Itombwe pour appeler au cesser le feu, mais sur terrain la situation continue à s’aggraver.
Pour ceux qui ne maitrisent pas le milieu, nous rappelons que cette situation n’est pas la première dans les hauts plateaux de Fizi, d’Uvira et d’Itombwe. La récente est celle de 2018 derniers où des maisons ont été encore brûlées et plusieurs pertes en vies humaines ont été enregistrées suite à ces genres de conflits dans les hauts plateaux d’Uvira.
Mikenge est situé dans le secteur d’Itombwe, c’est dans villages/centre où se refugiaient la majorité de la population en provenance des villages voisins. C’est dans le même village où se trouve le bureau de la zone de santé d’Itombwe et l’hôpital général de Mikenge.

Nous y trouvons aussi la radio communautaire d’Itombwe, qui vient d’être incendiée aussi cette nuit suite à ces conflits. La communauté n’a donc pas accès à l’information.
De ce qui précède, il se voit un besoin urgent d’assistance humanitaire à la population qui fuit vers la forêt d’Itombwe et celle en route vers Minembwe et Mutambala où le climat est très différents de la zone d’origine des déplacés, ce qui les explose à des maladies comme paludisme, cholera, etc.

Il se voit également la nécessité d’appliquer et respecter des principes do no harm, lors de l’octrois de toutes formes d’assistance pour ne pas envenimer la situation déjà fragile. La population en route vers Minembwe et Mutabala ne cesse de faire un cris d’alerme pour demander la protection à la MONUSCO.

Organisation Jeunes Méthodistes asbl.

Thierry Kasongo
Rédaction
+243990210011

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