Grand Kivu : le grand perdant des partages de pouvoir. Analyse Politique.

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Le choix qui s’est porté sur le nouveau Premier ministre SAMA LUKONDE, originaire du Haut Katanga
est une surprise pour beaucoup d’acteurs politiques branchés dans les milieux autorisés à la tête de la RDC.

Il est clair que le travail harassant du Sénateur Modeste BAHATI qui a semblé être un moment
l’élu, au regard et considération de certaines rumeurs rendait cette éventualité plausible.

En effet, la province du Grand Kivu est la plus présente au Parlement, elle représente à elle seule 85 députés, soit près de 20% de la chambre basse si on considère la « géopolitique » comme aiment tant se gargariser
de ce mot les politiques qui veulent cacher leurs faiblesses, c’est la région qui devait logiquement diriger l’une des grandes institutions de la République. Mais c’est curieux de vivre la scène imposée !

Quand on parle de géopolitique de manière générale, on voit tout de suite la mappemonde et quand
on le fait en RDC on voit le positionnement des représentants de chaque région (28 aujourd’hui) au
partage du pouvoir. C’est une science, disons-le, toute congolaise de la gestion des lignages et des
tribus dans l’ascension politique.

En effet, celui qui a un frère au sommet est garanti à minima d’en profiter.

Au-delà des régions politiques, la géopolitique congolaise à ses propres jargons qui définissent les grandes zones d’influences : Le grand Equateur, le grand Kasaï, le grand Katanga, le grand Kivu, le grand Bandundu, etc.

Certains comme le Congo Central, par manque de superlatif semblable reste le
parent pauvre de ce vocable politique.

Ainsi, fort de cette nouvelle science, la Présidence a apparemment voulu, du moins en façade, devoir
à ses équilibres. Mais ceci semble tourner, manifestement, à des déséquilibres ressentis et en silence
subits pour ceux qui n’ont pas eu une place de choix à la tête des grandes institutions.

Le Kivu semble jeté aux oubliettes à cet instant, malgré son poids, Kinshasa qui arrive en seconde position avec environ 75 députés n’a rien à revendiquer, à priori au vu de sa couleur ethnique arc-en-ciel, le Katanga arrives
en 3ème position avec une trentaine de députés en moins.

A la présidence, le Grand Kasaï mène la
barque, avec un Dircab du Katanga, à la chambre basse le doyen d’âge voté tiens le maillet et au sénat, la barque semble tanguer du côté du Grand Equateur avec un bout train, le Sénateur Guy Lowando, qui réclame haut et fort la place du grand Equateur.

Mais qu’en est-t-il du Grand Kivu ? Rien à l’horizon, cette fois-ci, cette région risque de mordre la poussière et se retrouver aussi largué que le Congo Central.

Certains diront que pour la Primature, le président était obligé, au vu de la pression des Bakata
Katanga sur la sécurité de la région du Katanga, de servir en premier le riche Katanga. D’autres dirons que c’est de la prime aux rebelles.

Entre temps, le grand Kivu saigne depuis de décennies avec des
bandes armées de différentes couleurs, sans pour autant émouvoir l’autorité nationale. C’est à ne rien y comprendre.

Au final, y a-t-il une logique dans cette géopolitique appliquée par le Président de la
République ou c’est cette dernière elle-même qui justifie à posteriori ses propres turpitudes ?

A y regarder de près, ni la géopolitique à la sauce bantoue n’a été utilisée, ni le bon sens des équilibres de
représentation, ni les sensibilités des plus observateurs.

Si je serais Modeste BAHATI, je perdrais pied…mais droit
dans ses bottes.

il tient debout. Il est courageux !

LGC
Desk Politique interne
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