Edito: Quand le mercenaire anglo-saxon Paul Kagame parle de la francophonie et visite la France

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N’importe qui, en son nom et celui de son pays, peut visiter n’importe quel pays, surtout quand c’est le pays visité qui l’invite, qui le reçoit et qui se sent honoré par la visite de son hôte de marque. C’est dans ce cadre que certains parmi nous comprennent la visite de Paul Kagame et de n’importe qui en France et ailleurs. Car n’étant pas de sujets français, on peut bien se demander pourquoi la visite du monsieur du Rwanda à Paris devrait préoccuper des congolais. Je le dis pour quelques congolais qui protestent contre la venue de Paul Kagame en France et aussi contre la candidature du Rwanda à la tête de la francophonie. Et même si leur protestation s’inscrivait uniquement dans les limites de la stratégie. Bien sûr que l’on sait comprendre les raisons avancées pour justifier leur colère. Sauf qu’il y a lieu de ne pas rééditer la faute de Sankara, qui a cru bien faire, en reprochant à Mitterrand et à la France, son accueil, en toute quiétude et avec tapis rouge déroulé, de Peter Botha, à l’époque où ce monsieur fut l’incarnation du système de l’apartheid. Sankara a cru bon de croire en ce qu’il lui a été enseigné, notamment que la France fut le pays des droits de l’homme et de sa dignité. Et pourtant, l’histoire de l’Afrique avec la France dément ce slogan. Est-ce que nous serions toujours aveugles, c’est-à-dire incapables de lire l’histoire et de nous comporter de telle manière que nous soyons différents de la versatilité incarnée par le personnage de Paul Kagame ?

Pour conserver le contrôle de l’Afrique centrale et garder pour longtemps sa mainmise sur le Congo et sur son peuple, Paul Kagame peut lécher les bottes de n’importe qui. Tantôt il se retire de la francophonie, – n’est-ce pas que le Rwanda est passé de la francophonie à l’anglophonie-, tantôt Paul Kagame, qui reste indéfiniment soutenu par ses maîtres anglo-saxons, et lesquels sont également les maîtres de la France, humilie cette dernière en lui manquant du respect, bien que supposé être mutuel entre les deux parties. Est-ce que c’est Paul Kagame qui a subitement besoin de la France, en ce moment où le monde connaît sa mutation, où c’est la France qui a compris que les élites anglo-saxonnes ne se montrent pas encore prêtes à lâcher leur homme-lige, qui accomplit le sale boulot à leur place ? Pour mieux saisir la position de la France, de ce qu’elle représente aujourd’hui dans le concert des nations, on fait référence à Jean-Yves Jézéquel, qui a récemment écrit dans son article « L’Occident est gravement malade », je cite : « les Français sont des laquais aux ordres des USA. Ils ont perdu toute souveraineté et indépendance même économique. En France tout dépend des décisions de Washington et de Bruxelles au service exclusif des intérêts étasuniens ». Peut-être que ceci explique cela. Voilà pourquoi j’ai toujours cru bon de souligner que rien ne changera, et ce n’est pas parce que tel le veut ou ne le veut, mais parce que les anglo-saxons auront décidé qu’il en soit ainsi. Et il en sera ainsi tant qu’ils ne rencontreront pas au Congo une résistance ferme, conçue et pilotée par des fils dignes du pays. C’est au tour de la France de se mettre au pas en Afrique. Tant qu’elle y est et tant que les choses se présentent de la manière dont elles se présentent dans la région des Grands Lacs : faire du Rwanda un État mercenaire- allié. Le Rwanda pourrait ainsi remplir la même fonction pour la France en Afrique. En Centrafrique, alors que l’armée russe s’y trouve, avec comme mission d’encadrer et de formes des militaires centrafricains, Bangui qui fut un bastion français, un mercenariat purement africain et avec des africains militerait en faveur d’un rapprochement avec le Rwanda pour contrer d’autres vautours dans la région.

Quelles que soient les raisons, officieuses et officielles, que les deux parties, aujourd’hui alliées, pourront avancer, et qui seraient à même de justifier le développement actuel de leur relation, je tiens à informer que je ne suis pas obligé de reproduire et de relayer leur propagande. Par contre, je nous invite à construire notre discours, à partir de l’histoire vue du côté de ceux qui la connaissent, sans résignation.

Pour conclure, je m’adresse à la jeunesse congolaise ainsi qu’aux jeunes militaires congolais, en leur rappelant la détermination qui se dégage de la pensée de Lumumba. Rien ne sera donné gratuitement aux Congolaises et Congolais : « L’Histoire a démontré que l’indépendance ne se donne jamais sur un plateau d’argent. Elle s’arrache. [Et au Congo] L’histoire dira un jour son mot, mais ce ne sera pas l’histoire qu’on enseignera à Bruxelles, Washington, Paris ou aux Nations Unies, mais celle qu’on enseignera dans les pays affranchis du colonialisme et de ses fantoches. L’Afrique écrira sa propre histoire et elle sera au nord et au sud du Sahara une histoire de gloire et de dignité. ». Je me demande comment le faire entrer dans l’esprit de la jeunesse congolaise ? Comment lui dire que le moment est venu pour elle et pour nous, comme peuple, de nous assumer ?

Likambo oyo eza likambo ya mabele

Mufoncol Tshiyoyo

Rédaction
+243 998 419 160

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