73ÈME ASSEMBLÉE DE L’ONU : « LA MONUSCO DOIT COMMENCER SON RETRAIT DE LA RDC » Joseph KABILA.

237
0
Partager

Le président Joseph Kabila n’est pas passé par quatre chemins ni par les voies des circonlocutions diplomatiques à la 73ème Assemblée de l’Onu pour réitérer l’exigence du gouvernement congolais concernant le retrait des forces onusiennes du territoire de la République démocratique du Congo. Pour cause : le bilan de cette organisation est largement mitigé malgré sa présence de 20 ans et son coût de plus de 20 milliards de dollars américains. Décryptage. Kema Fumbé.

20 ans après le déploiement des forces onusiennes en RDC, et en raison de leurs résultats largement mitigés au plan opérationnel, le gouvernement congolais réitère son exigence de début effectif et substantiel du retrait de cette force multilatérale». Telle a été la déclaration faite par Président de la République Joseph Kabila le mardi 25 septembre 2018 à l’occasion des travaux de la 73e assemblée générale de l’ONU à New York. En effet, depuis la transformation du mandat de la Monuc (Mission de l’Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo) le 1 juillet 2010 en Monusco (Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RD Congo), le gouvernement congolais n’a cessé de réclamer le retrait des forces des Nations Unies de la Rdc. Il est reproché à ces Forces de n’avoir pas rempli sa mission consignée par le Conseil de Sécurité qui est celle de protéger les populations civiles. Avec plus de 18 mille de casques bleus repartis sur le territoire national lors du premier mandat et concentré dans la partie Est de la Rdc lors du deuxième mandat, le bilan de cette présence onusienne sur le territoire congolais est de plus de 6 millions des congolais morts, de plus de 3 millions des déplacés internes, de la présence durable des groupes armés et de pillage des minières par les sociétés multinationales. Dans ces conditions, le Gouvernement congolais avait demandé un «redimensionnement qualitatif» de la force de la MONUSCO, avec moins de troupes mais plus spécialisées dans la traque de groupes armés et capables de faire face aux menaces asymétriques. «Dans ce contexte, les unités de la MONUSCO non essentielles aux opérations militaires de lutte contre les groupes armés, présentes dans les zones où la force de la MONUSCO n’est pas justifiée et dans celles où la concentration des forces est supérieure à la menace, doivent être retirées pour alléger les effectifs et certaines converties dans un mode plus adapté à la traque des groupes armés» avait soutenu le Vice-premier ministre et ministre des affaires Etrangères Léonard She Okitundu lors d’un important débat sur le renouvellement du mandat de la Monusco tenu le 7 mars 2018 au siège des Nations-Unies, sous la présidence des Pays-Bas. Par ailleurs, le gouvernement congolais n’est pas le seul a constaté l’inefficacité de casques bleus des Nations Unies en RDC. Deux études viennent à l’appui de la position du Gouvernement. Il s’agit d’une Thèse de doctorat sur la Monuc soutenue par Sévérine Ausserre à l’Université de Cambridge et d’une Note de l’Ifri (Institut français des relations internationales), intitulée «Réflexions sur 17 ans de présence de l’Onu en République démocratique du Congo» publiée en avril 2016. Pour Sévérine Ausserre, l’inefficacité de la présence de la Monuc est due aux intérêts contradictions des puissances ayant contribué au financement des opérations de maintien de la paix en Rdc. Au lieu de se référer au Conseil de Sécurité, chaque contingent reste sous l’influence de son gouvernement. Quant à l’Ifri, il constate que «la plus grande mission de maintien de la paix dans le monde, même avec la création d’une brigade «offensive» et dotée de d’un mandat d’imposition de la paix et l’emploi de drones, n’est pas parvenue neutraliser d’autres groupes armés. Bref, après 18 ans de présence sur le territoire congolais et plus de dix milliards de dollars dépensés, les résultats des Nations Unies sont presque nuls.

ONU FRAGILISÉE PAR LES INGÉRENCES DE CERTAINS GOUVERNEMENTS

«Nous ne saurons pas faire de l’ONU une organisation pour tous si l’ingérence caractérisée de certains gouvernements dans les affaires relevant, sans aucun doute, de la politique intérieure des États, en violation des règles qui la régissent, est dangereusement tolérée, sinon banalisée. Voilà qui explique la position de Mon pays de dénoncer et de s’opposer à toute ingérence dans le processus électoral en cours, et de financer l’entièreté de ses coûts opérationnels», s’est indigné Le président Joseph Kabila. Ce message est adressé aux gouvernements occidentaux et leurs organisations non gouvernementales qui utilisent les Nations Unies pour contrôler le processus électoral. Ainsi, la défense de la démocratie et de Droit de l’homme ne sont autres choses que les canaux par lesquelles certains gouvernements occidentaux s’immiscent dans la politique intérieure de la Rdc. A cet égard, la dernière Résolution 2348 (2017) votée le 31 mars 2017 par le Conseil de sécurité sur le renouvellement du mandat de la Monusco est éloquente. Après avoir intégré dans la Résolution 2348 l’Accord politique du 31 décembre 2016 signé entre la classe politique congolaise, les Nations Unies vont conditionner le retrait de leurs forces au Congo à la mise en œuvre de cet accord avec comme stratégie le contrôle du processus électoral en cours. C’est pourquoi le Gouvernement congolais a décidé de financer l’entièreté de coûts opérationnels des élections pour éviter toute ingérence extérieure. Question de souveraineté nationale. En effet, le but des élections est de choisir les élites congolaises qui vont gérer l’Etat pour le bonheur du peuple congolais et non pour les intérêts des puissances étrangères et leurs multinationales. Ici, le président Joseph Kabila émet sur la même longueur d’ondes que le président américain Donald Trump. Lors de son intervention au 73ème Assemblée Générale des Nations Unies, le Président des Etats-Unis exhorte ses collègues de suivre son exemple. «En tant que président des Etats-Unis, je mettrai toujours l’Amérique en premier. Tout comme vous, en tant que leaders de vos pays, mettez toujours et toujours vos pays en premiers». Et il va encore plus loin en entrant en contradictions avec certains occidentaux défenseurs de valeurs occidentales et du système de gouvernement. «Nous ne nous attendons pas à ce que des pays différents partagent les mêmes cultures, traditions ou même systèmes de gouvernement, mais nous nous attendons à ce que toutes les nations respectent ces deux devoirs souverains fondamentaux, respectent les intérêts de leur propre peuple et les droits de tous». Au-delà de son discours, le président américain a confirmé sa conviction souverainiste face au mondialiste. «Dans l’accomplissement de nos obligations envers nos Etats, nous nous rendons compte aussi qu’il est dans l’intérêt de tous de rechercher un avenir où toutes les nations peuvent être souveraines, prospères et sures». En tout état de cause, l’exigence du retrait des forces de l’ONU par le gouvernement congolais et la dénonciation de l’ingérence dans le processus électoral s’inscrivent dans la logique du respect de la souveraineté et de l’indépendance de la République Démocratique du Congo. Il est temps que tout le monde le sache.

Freddy Mulumba

Partager l'article/page

Pas de commentaires

Laisser une réponse